Yves Cochet at a meeting held on Apr. 5, 2007 ...

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Suivez sur Dailymotion le député Vert Yves Cochet décliner les derniers jours du capitalisme en phase terminale et proposer l’alternative d’une société décroissante – autosuffisance, décentralisation des pouvoirs et planification des dépenses énergétiques et alimentaires – En pleine récession, devant des députés à digestion lente, les grimaces dégoutées de Fillon et Lagarde. Ca vaut le cou d’oeil. Ils ne découvriraient pas un ver de terre collé à leur chaussure avec plus de dégoût.  Lorsque Cochet explique que les banques devraient être obligées d’avoir en réserve leur fond de trésorerie, Fillon hausse les sourcils à s’en caresser la frange qu’il porte pourtant haute. Ignore t-il que c’est le modèle des banques arabes et chinoises ? Banques qui résistent autrement mieux que nos modèles occidentaux.

(regardez la vidéo)

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Publié par : G.D | 24 octobre, 2008

Minorité aisée, voyagez spatial !

John Lydon's book Rotten - No Irish, No Blacks...

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Seconde illustration de la citation de Jean-Paul Sartre « La différence entre l’homme et l’enfant est le prix de leurs jouets » : prenez un milliardaire qui s’ennuie, proposez-lui 3 à 4 mns de vol en apesanteur, à 100 kms d’altitude à bord d’un jet pour 150 000 €. Cinq parmi l’élite nationale française se sont déjà inscrits pour les premiers voyages en 2012.

Robert Bigelow d’Hôtels Budget Inn, François Auque de EADS Astrium et Richard Branson d’alias Machoires de fer, alias Virgin Megastores, devenu Virgin Atlantic, sont les premiers tours-opérateurs de ces voyages spatiaux, pardon, suborbitaux, à la con.

Quand il pense que les Sex Pistolls rendirent célèbre Richard Branson, Johnny Rotten retourne se faire un fix en baissant les yeux sur terre, qui vire doucement du bleu au gris sale.

Ah par contre, pour ce qui est de la facture énergétique de ce genre d’entreprise,  je n’ai rien trouvé. Peut-être sont-ce des fusées à éoliennes…

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Virgin Atlantic Airways

Tourisme spatial : les projets de vols suborbitaux s’envolent

EADS se lance dans la course

EADS espère occuper une place importante dans le tourisme spatial avec sa filiale Astrium. Son projet est conçu autour du vol suborbital, comme ceux de Rocketplane, Blue Origin ou Virgin Galactic. Cette forme de tourisme devrait donc devenir rapidement abordable à une minorité aisée.(Lire la suite).

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Publié par : G.D | 18 octobre, 2008

Triste

Ce qui me met le cœur au bord des lèvres, ce n’est pas de savoir DSK occupé, en cette période de récession et en tant que patron du Fonds Monétaire International, de promouvoir sa maîtresse plutôt que nos porte-feuilles.  Ils sont déjà vides. Ce n’est pas d’apprendre que la Caisse d’Epargne reconnaît l’erreur collective de ses traders qui nous plombent de 600 millions de plus, dix mois après l’affaire Kerviel. La mise à sac des petits épargnants par les cols blancs de la finance semble devenir un feuilleton récurrent par ces temps de fin de dynastie. La faiblesse des puissants a ouvert les vannes et les rats pillent les fondations. Jusque là tout est normal.

Oui, on est dans une logique capitaliste que l’on connaît. Un match de roller-ball où le plus fort, le plus violent mSerre-Chevalier 1500, Yret and Cibouit summitsImage via Wikipediaarque, et qu’importe l’issue pourvu que les dollars volent…

Ce qui me rend réellement malheureux, orphelin, c’est de lire les pages de l’ancien journal de Serge July où l’on racole – sous le falacieux prétexte de « … Par les temps qui courent, vous avez besoin de vous détendre ». Ouais, c’est ça – pour un chalet à Serre-Chevalier à 25 800 € la semaine !!!

Tu y crois, toi, à une location à 25800 la semaine ? T’as déjà mis les pieds dans un truc comme ça ? Tu veux le téléphone ? 04 92 24 27 11.

Libé, jusqu’où descendrons-nous dans l’égarement des valeurs ?

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Publié par : G.D | 10 octobre, 2008

Pour toi, petit frère.

Ce billet paraît désormais régulièrement. L’idée étant de découvrir petit à petit la pensée de Georgescu-Roegen, mathématicien, philosophe et économiste décroissant. La fusion de ces trois sciences lui permit de mettre à jour la pensée décroissante dont il fut le fondateur. Nous découvrirons progressivement ses thèmes de réflexion, aujourd’hui « La croissance, mythes, polémiques et sophismes » et vous verrez comme elles font écho à notre actualité.

Nous sommes dans le courant des années 80, avec une infinie qualité scientifique et philosophique, Georgescu démonte la machine économique des modèles occidentaux, qu’ils soient marxistes ou capitalistes.

Projetez son film sur le mur de notre actualité : c’est brûlant de réalité, non ?

Pour bien apprécier son texte, j’ai dû me plonger dans les définitions de « PNB » et de « décroiCentrale nucléaire de Pierrelatte (26) - Nov 2006ssance » du Petit Robert et de Wikipédia :

Qu’est-ce que la décroissance selon le nouveau Petit Robert de 2007 ?

« Une politique économique visant à réduire le taux de croissance du PNB national ».

Qu’est-ce que le PNB selon Wikipédia ?

« La production annuelle de biens et services marchands » – en opposition aux services non-marchands, qui ne sont pas à l’origine d’un profit de la part de l’unité productrice-.

  1. L’épuisement des ressources naturelles ?
  2. L’explosion des marchés financiers due à néocapitalisation ?
  3. les dégazages de cargos, de centrales, d’industries lourdes ?
  4. 80 % des richesses du monde dans les mains de 20 % de la planète ?

ça vous parle ? Alors lisez ce qu’en dit Georgescu.

Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance (1979), 2e édition, 1995

La croissance : mythes, polémiques et sophismes.

« Une grande confusion imprègne les vives controverses relatives à la croissance ; tout simplement parce que ce terme est utilisé dans de multiples acceptions. Une confusion sur laquelle Joseph Schumpeter a constamment mis en garde les économistes, c’est la confusion entre croissance et développe­ment.Joseph SchumpeterImage via Wikipedia Il n’y a croissance que lorsque augmente la production par habitant des types de biens courants, ce qui implique naturellement aussi un épuisement croissant des ressources également accessibles. Le développement signifie l’introduction de n’importe quelle innovation. Dans le passé, le développement a généralement induit la crois­sance et la croissance n’est advenue qu’en association avec le développement. Il en est résulté une singulière combinaison dialectique également appelée « croissance », mais à laquelle nous pourrions réserver une autre étiquette courante, celle de « croissance économique ». Les économistes en mesurent le niveau au moyen du PNB par habitant en prix constants ».

« La croissance économique – il convient de le souligner – est un état dyna­mique, analogue à celui d’une automobile prenant un virage. Il est impossible pour une telle automobile de se trouver sur une trajectoire à un moment donné et sur une autre au moment suivant. L’enseignement de l’économie dominante selon lequel la croissance économique dépend seulement de la décision prise à un moment donné de consommer une proportion plus ou moins grande de la production est en grande partie non fondé. En dépit des superbes modèles mathématiques d’Arrow-Debreu-Hahn qui ont fait les délices des professionnels, ainsi que des modèles d’orien­tation pragmatique de Leontief, il n’est pas vrai que tous les facteurs de production (y compris les biens intervenant dans le processus) puissent être directement utilisés en tant que biens de consommation. Ce n’est que dans une société agraire primitive n’employant pas d’équipement en capital que la déci­sion d’économiser du blé sur la moisson en cours se traduirait par un accrois­sement de la récolte moyenne de l’année à venir. Les autres économies croissent maintenant parce qu’elles ont crû hier et elles croîtront demain parce qu’elles croissent aujourd’hui ».

« Les racines de la croissance économique plongent profondément dans la nature humaine. C’est en raison des instincts d’artisanat et de curiosité gratuite de l’homme décrits par Veblen qu’une innovation en suscite une autre – ce qui constitue le développement. Étant donné aussi la fascination de l’homme pour le confort et les gadgets, toute innovation conduit à la croissance. Certes, le développement n’est pas une caractéristique inévitable de l’histoire; il dépend de plusieurs facteurs ainsi d’ailleurs que d’accidents, ce qui explique que le passé de l’homme consiste principalement en longues séquences d’états quasi stationnaires et que l’ère d’effervescence actuelle ne soit qu’une toute petite exception [1] »

« Toutefois, au niveau purement logique, il n’y a nul lien nécessaire entre développement et croissance; on pourrait concevoir le développement sans la croissance. C’est faute d’avoir systématiquement observé les distinctions précédentes que les défenseurs de l’environnement ont pu être accusés d’être des adversaires du développement [2]. En fait la véritable défense de l’environ­nement doit être centrée sur le taux global d’épuisement des ressour­ces (et sur le taux de pollution qui en découle). Si la controverse s’est finale­ment nouée autour de cet indicateur de l’économiste qu’est le PNB par habitant c’est seulement parce que, dans le passé, la croissance économique s’est tra­duite non seulement par une augmentation du taux d’épuisement, mais encore par un accroissement de la consommation de ressources par habitant. Il en est résulté que le vrai problème a été enterré sous un monceau de sophismes. Car même si, bien qu’à un niveau purement théorique, la croissance économique est compatible avec une baisse du taux d’épuisement, la croissance pure ne peut excéder une limite certaine, quoique indéterminable, sans un accroissement de ce taux – à moins qu’il y ait une baisse substantielle de la population ».


[1] Certains de ceux qui ne comprennent pas combien exceptionnel et peut-être même anormal est l’intermède actuel  Journal of Economic Literature, ignorent le fait que l’extraction du charbon des mines a commencé il y a seulement huit cents ans et que, aussi incroyable que cela paraisse, la moitié de la quantité de charbon qui ait jamais été extraite l’a été dans les trente dernières années. À noter aussi que la moitié de la production totale de pétrole brut date des dix dernières années seulement!

[2] Solow affirme aussi que s’opposer à la pollution équivaut à s’opposer à la croissance économique. Toutefois, la pollution nuisible peut être contenue à un niveau très bas si des mesures idoines sont prises et si la croissance pure est ralentie.

Atomique PanacheImage by Vixente via Flickr

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Publié par : G.D | 9 octobre, 2008

Le bal des vautours

Schizophrénie gouvernementale ce matin à la une : quand Sarkozy parle de moralisation du capitalisme finaIs there a sale on? @ Lowestoft, SuffolkImage by timparkinson via Flickrncier (discours de Toulon commenté sur ce blog) le Président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer propose d’amnistier les plus gros contribuables fuités à l’étranger afin qu’ils réinvestissent en France.  Par le biais d’un emprunt d’Etat fortement bonifié. Défendu par lui-même sur RTL hier soir, la nouvelle ne tarde pas à scandaliser, à gauche comme dans son propre parti, et Accoyer de faire allégeance dès le lendemain matin sur France-Info.

Quand le journaliste lui demande s’il ne cherche pas à favoriser les riches, Accoyer rétorque « qu’il rêve d’une grande union nationale mais qu’il ne faut pas rêver (sic)… Si vous lancez un emprunt d’Etat, vous cherchez forcément des souscripteurs… D’autant plus qu’il faut continuer (resic) à assainir les finances publiques ».

T’as raison Acoyer, y’a pas mieux qu’une amnistie pour assainir et moraliser le capitalisme financier.

Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale élu en 2007Image via Wikipedia

Vu sur le journal Les Echos

BERNARD ACCOYER – LE PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

« Je propose un grand emprunt d’Etat et une amnistie fiscale pour sortir de cette crise »

[ 10/10/08  ]

Face à l’ampleur de la crise financière et au risque de dérive des déficits publics, Bernard Accoyer, le président UMP de l’Assemblée nationale, propose le lancement d’« un grand emprunt d’Etat ». Pour doper l’économie, il suggère, à titre personnel, une amnistie fiscale pour inciter les gros contribuables qui ont expatrié leurs capitaux à réinvestir en France. Une condition : qu’ils souscrivent à l’emprunt. (lire la suite)

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Publié par : G.D | 8 octobre, 2008

Georgescu-Roegen, le mythe de l’économie triomphante

Ce type de billet paraîtra désormais régulièrement. L’idée étant de découvrir petit à petit la pensée de Georgescu-Roegen, mathématicien, philosophe et économiste décroissant. La fusion de ces trois sciences lui permit de mettre à jour la pensée décroissante dont il fut le fondateur. Nous découvrirons progressivement ses thèmes de réflexion, aujourd’hui « le mythe humain » et vous verrez comme elles font écho à notre actualité.

Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance (1979), 2e édition, 19952007-07-10 Barcelona, Gothic Quarter, Salvador Dali Museum - Medusa (Mythologie, 1963-5)Image by that_james via Flickr

« Les mythes ont toujours tenu un rôle primordial dans la vie de l’homme. À la vérité, adhérer à un mythe, agir en accord avec lui, c’est ce qui distingue l’homme parmi tous les êtres vivants.

Beaucoup de mythes trahissent la plus grande folie de l’homme : son impulsion intérieure à croire qu’il est au-dessus de toutes choses dans l’univers réel et que ses pouvoirs ne connaissent pas de limites.

Dans la Genèse, l’homme a proclamé qu’il a été créé à l’image de Dieu lui-même. Il fut un temps où il pensait que l’univers tout entier tournait autour de son petit monde, et un autre où il pensait que seul le soleil le faisait. Jadis, l’homme croyait qu’il pouvait mouvoir les choses sans consommer d’énergie, ce qui est le mythe du mouvement perpétuel de première espèce, certainement un mythe essentiellement économique. Le mythe du mouvement perpétuel de deuxième espèce, selon lequel nous pouvons utiliser la même énergie continuellement, subsiste encore sous diverses formes voilées.

Un autre mythe économique – celui de l’homme réussissant toujours à trouver de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux moyens de les asservir à son profit est à présent propagé par quelques scientifiques, mais spécialement par des économistes des deux obédiences orthodoxe et marxiste (section VI). Quoi qu’il advienne, « nous trouverons bien [toujours] quelque chose » (Beckerman 1972, p. 338). L’idée est que, si l’homme est mortel en tant qu’individu, l’espèce humaine, elle, est immortelle. »

Nicholas Georgescu-Roegen, « La décroissance » page 60

Publié par : G.D | 2 octobre, 2008

Merci d’être si nombreux à nous rejoindre

Vendredi 3 octobre 2008, 5h45mn. Cela n’aura certes pas échappé aux lecteurs, téléspectateurs et auditeurs : ça y est, c’est dit. Le diagnostic est lâché par les médias traditionnels de ce matin :

On est en pleine récession.

Qu’est-ce que la récession (PIB 3 et 4ème trim. 2008 annoncé à -0,4 %s) sinon l’arrêt de la croissance (ou « croissance qui cale », selon Eric Dubois, chef du département de conjoncture INSEE) ?

Qu’est-ce que le contraire de la croissance ?

…/…

Bienvenue à ceux qui nous rejoignent par défaut. Afin de les réconforter, j’ai envie de leur dire que plus ils anticipent la déculotté annoncée, plus ils seront acteurs des valeurs nouvelles de leur existence. Gilles

EXTRAITS DE LA PRESSE DE CE MATIN

La France subit de plein fouet l’impact de la crise

Le produit intérieur brut de la France devrait se contracter de 0,1 % au troisième et au quatrièLiberal Democracy (France)me trimestres, avec une croissance qui ne dépasserait pas 0,9 % sur l’ensemble de l’année 2008, selon les prévisions actualisées publiées vendredi 3 octobre par l’Insee.

En juin, lors de son dernier point de conjoncture, l’Institut national de la statistique tablait sur une croissance de 1,6 % cette année, après 2,1 % en 2007 et 2,4 % en 2006. Sa nouvelle prévision correspond peu ou prou à celle, également révisée, du gouvernement qui attend maintenant 1 % en 2008. (Lire la suite)

LIBERATION.COM

La France entre en récession

Selon les prévisions de l’Insee, la France va connaître deux nouveaux trimestres de croissance négative en 2008 et donc rentrer en récession. 

Publié par : G.D | 1 octobre, 2008

Quand les Verts se mettent à la décroissance

Un deuxième article repêché pour vous dans Les échos.fr. Intéressant non pas pour les solutions préconisées mais plutôt la tendance à dépasser les clivages

Yves Cochet giving a talk about the Hubbert peak theory at INSA in Toulouse on 6 february 2007.Image via Wikipedia

Point de vue : Pour une décroissance solidaire
[ 20/08/08  – 09H41 ]

La crise écologique et celle du pouvoir d’achat ne sont-elles pas les deux faces du même mal ? A la veille des Journées d’été des Verts qui s’ouvrent, le 21 août, à Toulouse, Denis Baupin, Yves Cochet et Noël Mamère lancent un appel aux écologistes pour se mobiliser autour d’un grand projet pour répondre à la double crise, sociale et écologique, sans opposer les solutions. Quelques autres personnalités du monde politique se sont joints à eux pour signer ce texte (1).

Ouvrons n’importe quel journal imprimé, audiovisuel ou Internet. Pas un numéro qui n’évoque, à la rubrique Environnement, l’ampleur de la crise écologique sous toutes ses formes (dérèglement climatique, crise pétrolière, pollution de l’air, fuites radioactives, émeutes de la faim, cyclone en Birmanie, etc.), et à la rubrique Economie ou social, la crise du pouvoir d’achat et ses conséquences (moral des ménages en berne, manifestations des pêcheurs et des routiers, saison touristique morose, chute de la Bourse, licenciements massifs dans l’automobile et l’aéronautique, etc.).

Pas un, ou presque, ne se pose la question : et s’il ne s’agissait que d’une seule et même crise ? Celle d’un modèle de société bâti sur une croissance érigée en Graal de plus en plus inatteignable en raison de l’épuisement de nos ressources – notamment énergétiques – qui font maintenant l’objet d’une concurrence acharnée pour s’en assurer la maîtrise et la distribution. Les limites d’un tel système sont évidentes. Le  » logiciel  » des Trente Glorieuses ne fonctionne plus. C’est l’humanité tout entière qui est concernée, riches comme pauvres, chaque écosystème qui est gravement menacé, chaque Etat qui doit répondre à de nouveaux défis…  » Nous n’avons qu’un seul monde « , jamais ce slogan des écologistes n’a été autant d’actualité.

Il faut donc apporter des solutions aux deux crises, écologique et sociale, en parvenant à dépasser enfin la contradiction entre réponses à la crise environnementale qui apparaissent élitistes, voire anti-sociales, et réponses à la crise dite  » du pouvoir d’achat  » qui apparaissent anti-environnementales en ce qu’elles tendent à perpétuer des logiques énergétivores et gaspilleuses.

Ces solutions existent. Elles permettent à la fois de réduire notre empreinte écologique (l’impact environnemental de notre mode de vie), de renforcer la solidarité en accroissant les droits des plus fragiles, de dynamiser l’économie en la rendant plus robuste face aux crises à venir, d’améliorer enfin la qualité de la vie grâce au renforcement des liens sociaux et au mieux-vivre ensemble. En voici quelques exemples.

Lorsqu’on diminue l’usage régulier de l’automobile, en renforçant les transports collectifs ou en créant Vélib’, on réduit la pollution, les gaz à effet de serre, la consommation pétrolière, tout en améliorant le droit à la mobilité de ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture et la santé de ceux qui font du vélo régulièrement. On crée, d’autre part, de nombreux emplois non délocalisables, donc plus robustes face aux risques de la mondialisation. Et la ville devient moins stressante.

De même, si on remplace les voitures hyper-consommatrices et polluantes (à commencer par les 4 × 4) par des véhicules plus petits, moins lourds, bridés à 120 kilomètres à l’heure, on diminue la pollution, on réduit les coûts pour l’usager à la pompe et on ouvre la possibilité de préserver des dizaines de milliers d’emplois, aujourd’hui menacés dans l’industrie automobile, en engageant une reconversion industrielle liée à ce changement d’usage de la voiture.

Lorsqu’on isole thermiquement les logements, qu’on en profite pour développer les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie), non seulement on diminue les gaspillages, mais on diminue aussi le coût des charges locatives (notamment dans les logements sociaux). On revitalise l’économie en diminuant la facture pétrolière et en créant des centaines de milliers d’emplois non délocalisables.

Quand on privilégie la consommation de fruits et légumes de saison, produits si possible biologiquement et à des distances raisonnables, on réduit le gaspillage énergétique, on améliore notre santé, on réduit le coût pour les ménages (qui plus est, si on met en place une  » carte fruits et légumes  » pour les ménages démunis comme les Verts l’ont proposée à Paris) et on favorise la création d’emplois pérennes dans l’agriculture, beaucoup moins dépendants des aléas des cours internationaux.

Et dans les éco-quartiers, dans les jardins partagés, la qualité des rapports humains retrouvés est le meilleur antidote contre les violences et les discrimina- tions, tout comme la création de lieux de loisirs de proximité (le  » revenu en nature « ) pour les Français qui ne peuvent partir en vacances.

On pourrait multiplier ainsi les exemples : la mutation de la pêche vers une pratique qui préserve la ressource halieutique et diminue la consommation pétrolière ; la mutation du tourisme de masse, de l’avion vers le train (au moins pour les voyages intra-continentaux) tout en privilégiant la durée des séjours ; le basculement du transport de marchandises vers le rail… Dans tous les cas, la reconversion doit être anticipée dès maintenant et accompagnée par les pouvoirs publics, sinon elle sera bien plus douloureuse et coûteuse demain, surtout pour les plus vulnérables.

Ces solutions ne s’appliquent pas qu’aux seuls  » pays riches « . Développer les fours solaires, accroître les surfaces agricoles dédiées aux cultures vivrières plutôt qu’au bétail et à l’exportation, donner droit à chacun à une éducation, notamment aux jeunes filles, c’est diminuer la désertification, renforcer la sécurité alimentaire, éviter les naissances non volontaires. C’est permettre la viabilité économique de nombreux pays menacés par la crise écologique.

Tous ces changements sont non seulement possibles (2 % du PNB, selon Nicholas Stern, un sixième des dépenses militaires du monde, selon Lester Brown) mais aussi indispensables si nous voulons éviter que l’humanité continue de foncer dans le mur. Encore faut-il s’en donner les moyens, en encourageant les innovateurs techniques et sociaux, en orientant la fiscalité à bon escient, en investissant pour les générations futures au lieu de gaspiller le capital qui nous a été légué par les précédentes.

Il ne s’agit pas ici de faire du catastrophisme, mais d’attirer l’attention sur la spirale extrêmement lourde dans laquelle nous sommes entrés avec l’énergie chère et le dérèglement climatique. Elle menace profondément les équilibres écologiques, économiques, politiques, sociaux et alimentaires. Et les plus vulnérables seront toujours les mêmes, ceux qui sont en bas de l’échelle. On le voit aujourd’hui : l’accroissement du prix du pétrole touche des professions fragilisées, des ménages en difficulté et souvent otages de leur voiture. Le manque d’anticipation des pouvoirs publics était coupable hier, l’inaction d’aujourd’hui est criminelle.

Notre intention est surtout de montrer qu’il n’y a pas de fatalité, que les solutions existent et qu’elles ne consistent ni à revenir un siècle en arrière ni à renforcer la loi du plus fort, mais à inverser les priorités. Sobriété ne signifie pas régression mais modernité et progrès ; écologie ne signifie pas masochisme mais qualité de vie ; décroissance ne signifie pas récession mais définition d’un projet de société où  » vivre mieux  » n’est plus lié à  » produire et consommer plus « . Le protocole de Kyoto sur le dérèglement climatique – le premier traité international  » décroissant  » – a d’ailleurs ouvert la voie à cette révolution culturelle.

Nous sommes conscients qu’il ne suffit pas d’alerter sur la gravité de la crise. Écologistes, nous avons trop souvent négligé le caractère anxiogène de cette alerte ainsi que ses limites. Parce qu’elle aggrave des contradictions au coeur même de la société, elle peut conduire au déni et à l’inaction des décideurs politiques, à l’incompréhension, voire à la révolte des plus vulnérables socialement qui se sentent menacés par nos propositions, alors qu’ils le sont bien plus encore par la crise.

Il nous revient donc la responsabilité de montrer que nous ne cherchons pas à exploiter l’angoisse mais que les responsables politiques ont la capacité à prendre en charge la crise, à condition d’effectuer le bon diagnostic. Les réponses techniques existent, nous les connaissons. A eux, à nous d’expliquer maintenant que chacun peut prendre sa part dans cetteque cette mutation peut être équitable et qu’elle peut réduire l’injustice sociale là où la crise l’aggraverait. C’est un vrai défi politique qui passe par la construction denouveaux schémas mentaux, d’une nouvelle culture, au sens global du terme, permettant d’analyser et surtout de dessiner ce nouvel avenir.

C’est autour de ce projet de décroissance solidaire, d’une société plus humaine, plus conviviale, plus sûre aussi que doivent dorénavant se rassembler les écologistes s’ils veulent queleurs idées se traduisent en politiques publiques. Ne ratons pas cet enjeu de civilisation pour le XXIe siècle.

(1) La liste complète des signataires : Noël Mamère, député ; Yves Cochet, député ; Denis Baupin maire-adjoint de Paris ; Marie Blandin, sénatrice ; Jean Dessesard, sénateur ; Mireille Ferri, vice-présidente de la région Ile-de-France ; Marie-Anne Isler-Béguin, députée européenne ; Alain Lipietz, député européen
Publié par : G.D | 1 octobre, 2008

La malédiction de la prospérité

Ci-dessous un article de fond qui oppose la décroissance au productivisme outrancier et tente de penser économie, politique et écologie comme des systèmes se déterminant réciproquement. A découvrir.

La Tribune.fr – 25/09/08 à 9:05 – 972 mots

Opinion

Echapper à la « malédiction de la prospérité »

Dans « la Nouvelle écologie politique », Jean-Paul Fitoussi et Eloi Laurent (OFCE) évoquent les pistes pour sortir du dilemme entre la « décroissance » et le laisser-faire épuisant les The Capitol (Town hall) by nightImage via Wikipediaressources naturelles. « La Tribune » publie en exclusivité des extraits de l’introduction du livre, qui sort ce matin.

L’économiste du développement Paul Collier estime que les quelque 6 milliards d’humains vivant aujourd’hui sur terre se répartissent en trois catégories. Un milliard sont très riches : ils habitent pour l’essentiel en Occident (Etats-Unis, Canada, Europe), au Japon et en Australie. Quatre milliards sont en train de s’enrichir (en Asie, en Russie, en Amérique latine et du Sud). Enfin, un milliard sont pauvres, souvent très pauvres. Si l’on ne peut sous-estimer l’immense chemin qui reste à parcourir en matière de développement, il faut néanmoins convenir avec Paul Collier que la pauvreté extrême est réduite ou en voie de réduction pour 80 % des habitants de la planète.

Du côté de la prospérité, parfois insolente, voire obscène, le succès n’est pas moins grand : la population totale des personnes vivant dans de bonnes conditions matérielles est aujourd’hui supérieure à ce qu’était la population totale de la planète il y a deux siècles. En somme, la promesse du développement global serait enfin sur le point d’être tenue.

« Impensable il y a seulement une génération, cette réussite historique nourrit la crainte paradoxale que nous soyons désormais trop nombreux à être trop bien portants et trop riches. À mesure que l’humanité s’affranchit de la misère, une nouvelle loi de Malthus semble devoir lui barrer la route : si nous voulons préserver les écosystèmes terrestres, prévient-elle, il nous faudra réduire non seulement la population du globe, mais encore la part de chacun dans la consommation des ressources naturelles. La question se poserait dans les termes mêmes qu’avaient utilisés Gandhi : « il a fallu à la Grande-Bretagne la moitié des ressources de la planète pour accéder à la prospérité, combien de planètes faudra-t-il à l’Inde pour son développement ? »

« En effet, c’est le développement dans l’inégalité qui nourrit l’illusion que l’égalité de développement menacerait les ressources de la planète. Mais qui pourrait nier l’urgence écologique et, plus encore peut-être, la lenteur des réactions politiques et la vivacité des résistances de toutes sortes, qui retardent la nécessaire mutation des modes de production et de consommation ? La théorie économique en particulier est régulièrement accusée d’entretenir le déni de réalité. Obsédée par la croissance, elle condamnerait par principe toute entrave à l’activité des hommes, à la circulation des richesses et à la prédation des ressources les plus fragiles.

« Ici comme ailleurs, il est nécessaire de se défaire du fantasme d’une science économique intégrée, cohérente et disposant d’une réponse unique aux problèmes qui lui sont posés. On peut, on doit distinguer au moins deux paradigmes en économie. Le premier est celui de la régulation interne, qui postule que le système économique, par le fait d’une interaction libre entre des acteurs libres, est ou revient toujours à l’équilibre optimal. Si cette approche est vraie, les inquiétudes écologiques du moment sont hypertrophiées et frappées de myopie : le marché trouvera tout seul la voie du développement durable à condition que la puissance publique ne se mêle pas de ses tâtonnements.

Le second paradigme économique est celui de la régulation externe : il recouvre un large spectre de conceptions du monde mais toutes ont en commun de considérer que le marché, livré à lui-même, pourrait produire si ce n’est le chaos, du moins des fluctuations si coûteuses pour la société que celle-ci pourrait être tentée de changer radicalement de système de régulation.

« Dans cette acception de l’économie, qui mérite alors son nom ancien d’économie politique, le bon fonctionnement de l’économie de marché ne peut se concevoir sans l’intervention d’un agent extérieur – la puissance publique -, l’ordre économique et social résultant d’un équilibre complexe entre décisions individuelles et décisions collectives.

« L’objet du présent livre est de s’appuyer sur cette seconde conception du monde économique – celle de la régulation externe – pour démystifier cette malédiction de la prospérité qui conduit, au nom de l’équilibre écologique, à préférer la régression au progrès, la frugalité dans l’inégalité au développement dans la jus"Destitute pea pickers in California. Mother of seven children. Age thirty-two. Nipomo, California." In the 1930s, the FSA employed several photographers to document the effects of the Great Depression on the population of America. Many of the photographs can also be seen as propaganda images to support the U.S. government's policy distributing support to the worst affected, poorer areas of the country. Lange's image of a supposed migrant pea picker, Florence Owens Thompson, and her family has become an icon of resilience in the face of adversity. However, it is not universally accepted that Florence Thompson was a migrant pea picker. In the book Photographing Farmworkers in California (Stanford University Press, 2004), author Richard Steven Street asserts that some scholars believe Lange's description of the print was "either vague or demonstrably inaccurate" and that Thompson was not a farmworker, but a Dust Bowl migrant.Image via Wikipediatice. Nous croyons qu’il est possible de poursuivre sur le chemin du développement humain sans sacrifier les écosystèmes terrestres mais à condition d’élever notre niveau d’exigence démocratique. L’égalité écologique est la clé du développement durable.

« Cet essai est une tentative de triangulation intellectuelle, qui se donne pour ambition d’imaginer une nouvelle voie entre les écueils symétriques dans lesquels tend à s’enfermer le paysage idéologique sur la question écologique : d’un côté, certains « progressistes » semblent toujours plus sensibles aux sirènes de la décroissance et du renoncement au progrès ; de l’autre, certains « conservateurs » succombent trop facilement à l’idée que la conjugaison du marché et de l’innovation technique suffirait à régler toutes les difficultés.

Les premiers résument le problème écologique au problème économique. Les seconds le réduisent au problème technologique. Ces deux attitudes ont l’égal avantage de se prêter aux antagonismes les plus simples et les plus immédiatement lisibles. Mais elles ont aussi en commun de tourner le dos aux exigences démocratiques.

« Par écologie politique, nous entendons la discipline qui tente de penser l’économique, le politique et l’écologique non seulement comme des systèmes ouverts les uns sur les autres, mais comme se déterminant réciproquement. De même qu’il existe des voies fécondes entre le libéralisme naïf et le dirigisme brutal, une écodémocratie est possible entre l’imprévoyance écologique et la décroissance résignée. C’est le sens de cet ouvrage.

« La Nouvelle écologie politique », de Jean-Paul Fitoussi et Eloi Laurent, Seuil, coll. « La république des idées » (118 pages, 11,5 euros)

Publié par : G.D | 1 octobre, 2008

LA LOCA VIDA DE LA LOCA VACA

France_Rhone_Alpes_Haute_Savoie_01

Image by calips96 via Flickr

Ci-dessous, la reproduction photographique d’une performance d’Organic Comix.

L’original existe encore sur les murs du Grand Bornand / Haute-Savoie, (contacts : spectacles@theatre-toupine.org ou info@aubonheurdesmomes.com ) qui héberge depuis 17 ans le festival Au Bonheur des Mômes. Festival convivial, d’une grande qualité artistique, proposant animations, jeux et spectacles gratuits ou à portée de bourse.

Avec l’aimable autorisation de Reed Man, Organic Comix, organiccomix@free.fr

« Aujourd’hui je m’apprête à célébrer un grand évènement. »

« Il est vrai qu’au début les relations avec les humains étaient houleuses ».

« Nous étions justes bonnes à leur prodiguer des matières premières ».

« Plus nous leur donnions, plus insatiables ils étaient ».

« Il semblait que l’appât du gain les conduisit jusqu’à LA FOLIE ».

« C’est à partir de là que les choses ont commencé à mal tourner ».

« Un virus décima tous les produits provenant de l’agriculture génétiquement modifiée ».

« Ce qui déclencha une famine sans précédent ».

« Alors ils ont commencé à nous laisser tranquilles ».

« Petit à petit, les choses sont rentrées dans l’ordre. »

« Ce jour merveilleux marquera l’avènement d’une ère nouvelle. »

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