Publié par : G.D | 8 octobre, 2008

Georgescu-Roegen, le mythe de l’économie triomphante

Ce type de billet paraîtra désormais régulièrement. L’idée étant de découvrir petit à petit la pensée de Georgescu-Roegen, mathématicien, philosophe et économiste décroissant. La fusion de ces trois sciences lui permit de mettre à jour la pensée décroissante dont il fut le fondateur. Nous découvrirons progressivement ses thèmes de réflexion, aujourd’hui « le mythe humain » et vous verrez comme elles font écho à notre actualité.

Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance (1979), 2e édition, 19952007-07-10 Barcelona, Gothic Quarter, Salvador Dali Museum - Medusa (Mythologie, 1963-5)Image by that_james via Flickr

« Les mythes ont toujours tenu un rôle primordial dans la vie de l’homme. À la vérité, adhérer à un mythe, agir en accord avec lui, c’est ce qui distingue l’homme parmi tous les êtres vivants.

Beaucoup de mythes trahissent la plus grande folie de l’homme : son impulsion intérieure à croire qu’il est au-dessus de toutes choses dans l’univers réel et que ses pouvoirs ne connaissent pas de limites.

Dans la Genèse, l’homme a proclamé qu’il a été créé à l’image de Dieu lui-même. Il fut un temps où il pensait que l’univers tout entier tournait autour de son petit monde, et un autre où il pensait que seul le soleil le faisait. Jadis, l’homme croyait qu’il pouvait mouvoir les choses sans consommer d’énergie, ce qui est le mythe du mouvement perpétuel de première espèce, certainement un mythe essentiellement économique. Le mythe du mouvement perpétuel de deuxième espèce, selon lequel nous pouvons utiliser la même énergie continuellement, subsiste encore sous diverses formes voilées.

Un autre mythe économique – celui de l’homme réussissant toujours à trouver de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux moyens de les asservir à son profit est à présent propagé par quelques scientifiques, mais spécialement par des économistes des deux obédiences orthodoxe et marxiste (section VI). Quoi qu’il advienne, « nous trouverons bien [toujours] quelque chose » (Beckerman 1972, p. 338). L’idée est que, si l’homme est mortel en tant qu’individu, l’espèce humaine, elle, est immortelle. »

Nicholas Georgescu-Roegen, « La décroissance » page 60

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